J'engloutirai trois cafés à peine tiède au son d'un morceau de blues.
Vous ne le savez peut-être pas mais ce soir là, il arrêta de se voiler la face.
Il arrive, pose son manteau sur le piano, mais ne joue rien. Pas cette fois. Ce n'est pas qu'il soit dépourvu de talent, simplement le manque d'envie.
Pourtant tout va bien.
Ce qui est important aujourd'hui, c'est que demain, il part.
Il part pour Londres, pour Chicago, pour Los Angeles,pour Saïgon,pour Dublin, pour Munich, pour Grenade,pour Florence, pour Marrakech, pour Mexico, pour Camberra,pour St-Andrews, pour Bogota, pour Tokyo,pour tout ça à la fois.
Mais peu importe la destination.
Alors il s'installe calmement. Il demeure immobile durant des heures, à imaginer, à penser, à s'embrouiller, à s'interroger, à s'épuiser les neurones,à crever ses axones, à perdre le fil, à manger cru son bulbe rachidien, à tordre sa jalousie, à titiller ses sentiments, à vendre son âme au diable, à n'en plus pouvoir d'incertitude, à se réjouir du changement, à perdre son temps, à se satisfaire de son indépendance, à juger ses propres choix, à prendre de bonnes résolutions, à étriquer sa morale, à écrire son coeur et à lire ses souvenirs.
Là-bas, il rencontrera elle et elle et puis lui aussi et bien d'autres encore. Tous ces gens qui feront du lieu ce qu'il est.
Mais maintenant, où en est-il ?
Il était temps, pense-t-il.
Il est temps.
[ Voila ]
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You give me something...
" J'sais pas c'qui s'est passé mais ... il avait pu d'froque ! "


